Entre deux journées de compétition au MSI, Chris Greeley a répondu à quelques questions au sujet de l’écosystème League of Legends.
En marge du MSI 2026 à Daejeon, Chris Greeley, Global Head of LoL Esports chez Riot Games, s’est entretenu avec nos confrères de RFT.GG. Le dirigeant est revenu sur les grands chantiers qui façonnent l’avenir de l’écosystème compétitif : ligues fermées, calendrier, Tier 2, format des compétitions ou encore avenir du LCS. S’il reconnaît plusieurs erreurs commises ces dernières années, il se montre particulièrement optimiste pour l’avenir de la scène.
Riot n’abandonnera pas les ligues partenaires
Depuis plusieurs années, le modèle des ligues fermées est régulièrement remis en question par les fans. Pour Chris Greeley, ce système reste néanmoins la base de l’écosystème. « C’était un modèle qui fonctionnait très bien lorsque nous l’avons lancé en 2017. Il apportait aux équipes ce qu’elles recherchaient avant tout : de la stabilité ». Le responsable mondial de LoL Esports estime toutefois que Riot doit continuer à faire évoluer ce modèle. « Nous évaluons constamment nos ligues régionales. Les partenaires sont-ils toujours les bons ? Apportent-ils suffisamment de valeur aux fans ? »
Il cite notamment les évolutions apportées ces dernières années au LCS, tout en reconnaissant que certaines décisions n’ont pas porté leurs fruits. « Avec le recul, nous reviendrions probablement sur certaines décisions. »
Pour autant, il ferme la porte à une révolution. « Je ne pense pas que vous nous verrez un jour annoncer que les partenariats disparaissent partout et que nous allons reconstruire entièrement l’écosystème ». Selon lui, l’avenir passera davantage par des ajustements progressifs. « Il existe énormément d’espace entre la situation actuelle et une remise à zéro complète. »
Davantage de compétitions… même en dehors de Riot
L’un des changements majeurs observés ces derniers mois concerne l’ouverture progressive de l’écosystème à des organisateurs tiers. Après plusieurs années durant lesquelles Riot contrôlait presque entièrement la scène compétitive, Chris Greeley estime que cette stratégie évolue. Il cite notamment la KeSPA Cup, Red Bull League of Its Own, l’Esports World Cup ou encore les compétitions organisées par Soop. « Nous cherchons à créer davantage d’opportunités pour que des acteurs tiers puissent proposer des expériences incroyables aux fans et aux équipes. »
À ses yeux, le problème actuel n’est pas un calendrier trop chargé, mais plutôt l’absence de compétition pour une grande partie des équipes. « En tant que fan, je trouve encore des semaines où il n’y a aucun League of Legends à regarder. »
L’objectif est donc de multiplier les événements intermédiaires. « Il ne devrait pas toujours s’agir des quinze ou vingt mêmes joueurs qui disputent les compétitions internationales. Nous voulons créer davantage d’opportunités pour les équipes de milieu de tableau ». En revanche, Riot souhaite préserver un équilibre pour les meilleures équipes, dont les périodes de repos se réduisent chaque année.
« Nous n’avons pas encore trouvé la solution pour le Tier 2 »
Autre sujet sensible : le développement du Tier 2. Chris Greeley reconnaît que Riot n’a toujours pas trouvé de solution universelle. « Nous n’avons pas encore une réponse globale qui nous permette de dire : ‘Voilà, nous avons résolu le problème du Tier 2′ ». Selon lui, la principale difficulté reste économique. « Pourquoi investir dans le Tier 2 quand on peut soutenir directement le Tier 1 ? C’est une question que nous entendons constamment. »
Plutôt qu’un financement massif par Riot, le dirigeant privilégie de nouvelles compétitions régionales et internationales, citant notamment l’Asian Development League ainsi que plusieurs projets destinés à faire davantage s’affronter les équipes issues de différentes régions. « Nous pensons que mélanger davantage les écosystèmes régionaux favorisera le développement des joueurs. »
Le LCS, « certaines blessures sont auto-infligées »
Interrogé sur le déclin du LCS, Chris Greeley ne cherche pas à esquiver le sujet. « Certaines blessures sont auto-infligées ». Il évoque notamment les nombreux changements d’identité de la ligue nord-américaine ainsi que le départ d’organisations historiques comme TSM ou CLG. « Quand vous suivez une équipe depuis dix ans et qu’elle disparaît, cela crée naturellement une opportunité d’arrêter de regarder. »
Le dirigeant refuse toutefois de parler d’une désaffection globale pour League of Legends. « Les fans n’ont pas arrêté de regarder League of Legends. Ils ont simplement arrêté de regarder le LCS. Beaucoup regardent désormais le LCK, le LPL ou le LEC. »
Pour lui, le défi consiste désormais à reconstruire un lien émotionnel avec les supporters historiques. « Il faut leur donner une raison d’être fans. Ce ne peut pas simplement être l’espoir qu’une équipe gagne enfin un titre. »
Faker, un cas à part
Impossible enfin d’évoquer l’avenir de League of Legends sans parler de Faker. Chris Greeley reconnaît que personne chez Riot n’est réellement prêt à voir partir la légende coréenne. « Qui ne serait pas inquiet ? Faker dépasse aujourd’hui le simple cadre de l’esport ». Il compare même le quintuple champion du monde à Michael Jordan. « Personne ne surpassera Faker avant longtemps. »
Le responsable de LoL Esports espère néanmoins que le joueur restera impliqué dans l’écosystème après sa retraite. « J’espère qu’il deviendra propriétaire d’une équipe, entraîneur ou ambassadeur. Il est né avec une audience. »
« Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être fan de LoL »
Malgré les critiques régulièrement adressées à Riot, Chris Greeley conclut avec un optimisme assumé. « Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour être fan de l’esport League of Legends. »
Selon lui, les prochaines années verront émerger de nouvelles stars, davantage de compétitions et un écosystème plus ouvert, sans révolution brutale. « La compétition continue de progresser. De nouveaux joueurs et de nouvelles histoires émergent constamment. Honnêtement, l’esport League of Legends n’a jamais été aussi passionnant. »











