Attendu au tournant en 2026, Los Ratones entend bien déjouer les pronostics, comme l’assure son coach suédois YamatoCannon.
Triple champion de NLC et double vainqueur des EMEA Masters en 2025, Los Ratones s’apprêtent à franchir un cap inédit avec leur participation au LEC Versus 2026. Invités par Riot Games aux côtés de la Karmine Corp Blue, les coéquipiers de Nemesis, Thebausffs et Rekkles découvrent le plus haut niveau européen sur un format court, intense et sans droit à l’erreur. Aux commandes du projet, YamatoCannon a livré, dans un long vlog, un état des lieux détaillé de la préparation : bootcamp, scrims, patch S16 et première semaine face à Fnatic, KC et KCB. Avec un mot d’ordre clair : « Nous sommes là pour le Winter Split, et nous sommes là pour faire des dégâts. »
WELCOME YAMATOCANNON @YamatoMebdi joins us as head coach for next season, he will lead the team as we step up to LEC Versus in 2026.
— LosRatones (@LosRatoneslol) November 24, 2025
Welcome to the rats 🐀🖤 pic.twitter.com/1SlxkLJXJa
Un projet qui change de dimension après une année 2025 historique
Porté par Caedrel, Los Ratones ont marqué le tier 2 européen en 2025 avec trois titres de NLC (Winter, Spring, Summer) et deux sacres aux EMEA Masters, avant une demi-finale estivale. Cette régularité et une identité de jeu très marquée ont convaincu Riot de les intégrer au LEC Versus, un format inédit remplaçant le Winter Split classique et qualificatif pour le tournoi international First Stand.
Pour accompagner cette montée en gamme, la structure a recruté Jakob « YamatoCannon » Mebdi comme head coach, tandis que Caedrel a endossé un rôle d’assistant, axé sur la draft et l’analyse. Un changement qui s’inscrit dans une volonté claire de professionnalisation, alors que Los Ratones ont acté leur retrait des ERL pour 2026, concentrant tout leur calendrier sur cette parenthèse au plus haut niveau.
Bootcamp à Munich : un cadre resserré, mais un professionnalisme assumé
La préparation a débuté à Munich, en marge du Red Bull League of Its Own, avec plusieurs jours de bootcamp offline. YamatoCannon insiste sur la qualité de l’environnement et sur l’implication de la structure : « J’ai été giga choyé. Le travail de Ko sur la gestion du groupe est impressionnant ». Il souligne un fonctionnement collectif où chacun dépasse son rôle : « Tout le monde tire sur la corde, et même au-delà. Quand on dit que l’environnement est comme une famille, ce n’est pas toujours vrai… mais ici, ça y ressemble vraiment. »
Ce cadre, pensé pour éviter les difficultés vécues par le passé dans d’autres équipes, a permis au coach de mieux cerner ses joueurs. « Le offline est essentiel pour moi. J’ai besoin de voir les visages, le langage corporel, pour comprendre comment chacun réagit aux idées et à la pression. »
Scrims protégés et identité assumée : « une équipe de gauchers »
Sans entrer dans les détails des scrims, qu’il qualifie d’« information sacrée », YamatoCannon se montre très positif. « J’ai été agréablement surpris, et même agréablement impressionné. Tout le monde prend ce projet extrêmement au sérieux ». Il évoque des résultats globalement bons, avec une progression visible au fil des jours.
Los Ratones ont néanmoins adapté leur planning, conscients de leur singularité : « Nous sommes une équipe très créative, très unique dans notre manière de concevoir le jeu ». Il compare le collectif à « une équipe de gauchers dans un monde de droitiers », citant Thebausffs et Nemesis comme exemples de profils atypiques, nécessitant une protection accrue de leur identité stratégique avant les matchs officiels.
Early game solide, throws punitifs et critique du patch S16
Sur le plan du jeu, le diagnostic est clair : « Notre early game est probablement notre plus gros point fort à l’heure actuelle ». YamatoCannon souligne un contraste avec les défaites récentes, souvent liées à des erreurs internes : « La majorité de nos défaites viennent de parties que nous avons nous-mêmes jetées. »
Le coach se montre en revanche très critique envers le patch S16, qu’il juge « très, très étrange ». Il pointe un effet de rattrapage excessif : « Les throws ont un effet de whiplash énorme. L’or reste sur la carte beaucoup plus longtemps, ce qui rend les retournements extrêmement violents ». Plus largement, il regrette une direction trop orientée vers les joueurs bas elo : « J’ai l’impression que le jeu est conçu en se demandant comment jouent les silver et gold, puis en rendant ce pattern le plus gratifiant possible. Je ne suis pas du tout fan de cette approche. »
Le Bo1 comme avantage structurel pour Los Ratones
YamatoCannon se réjouit du format Bo1 du LEC Versus, qu’il considère comme un véritable atout. « Cela permet de construire une base très solide, de répéter les mêmes stratégies, les mêmes drafts, et d’affiner les mêmes patterns de jeu ». À l’inverse, il critique les scrims fearless, où la variété empêche selon lui une transmission optimale des apprentissages : « Comprendre précisément le rôle de ton champion se construit dans la répétition. »
Une approche qui colle parfaitement à l’ADN de Los Ratones, habitués à creuser leurs idées plutôt qu’à multiplier les adaptations superficielles.
Une première semaine explosive face à Fnatic, KC et KCB
Le calendrier ne laisse aucun répit. Fnatic, Karmine Corp et Karmine Corp Blue attendent Los Ratones dès la première semaine. « C’est l’un des débuts de split les plus relevés possibles », reconnaît YamatoCannon, conscient que le bilan brut peut être trompeur : « Un 0-3 peut sembler dramatique sur le papier, alors que tout le monde avance à l’aveugle sur un patch nouveau. »
Il insiste néanmoins sur les opportunités : « Si on arrache une victoire contre Fnatic ou la Karmine Corp, ce sera déjà énorme ». Le match contre la Karmine Corp Blue est identifié comme « un match-clé, sportivement et symboliquement. »
Discipline, expérience et regard neuf pour un projet sans compromis
Pour gérer la pression, YamatoCannon s’appuie sur l’expérience de joueurs comme Rekkles. Il rapporte un échange marquant : « Sa réponse a été simple : maintenir exactement la même discipline, quoi qu’il arrive, sans rien changer quand la pression monte ». Une philosophie qu’il juge essentielle : « La vraie difficulté, ce n’est pas d’inventer quelque chose sous pression, mais de préserver ce qui fonctionne déjà. »
Conscient de rejoindre un groupe déjà rodé, le coach revendique aussi son statut d’élément externe : « Ne pas avoir vécu 2025 avec eux est l’une de mes plus grandes forces. Ça permet de re-challenger des idées que le groupe considérait comme figées. »
« Nous sommes là pour faire des dégâts »
En conclusion, YamatoCannon insiste sur la singularité du projet. Un seul split, aucun compromis à long terme, et un objectif immédiat : « Nous sommes là pour le Winter Split, et nous sommes là pour faire des dégâts ». Sans Summer ni Worlds à préparer, Los Ratones peuvent « pousser très fort dès maintenant », en assumant pleinement leurs forces et leurs faiblesses.
Un discours clair, assumé, à l’image d’un collectif qui n’entend pas se contenter d’un rôle d’invité. Au LEC Versus, Los Ratones ne viennent pas apprendre : ils viennent perturber l’ordre établi.
🗣️ Nouvel entraîneur en chef de Los Ratones, YamatoCannon a livré un premier bilan après une semaine passée avec l’équipe entre League Awards, Red Bull League of Its Own et début du bootcamp à Munich. pic.twitter.com/0EGyV1XTTb
— *aAa* (@aAaGaming) December 7, 2025
