Les femmes dans l’esport : un combat pour l’inclusion et la reconnaissance

À l’occasion du Mois de l’histoire des femmes, Esports Insider est parti à la rencontre de deux actrices du milieu pour discuter de l’évolution de la place des femmes dans l’esport.

Malgré le fait que les femmes représentent environ 48 % de la communauté mondiale du jeu vidéo (selon Statistica), seulement 5 % des joueurs professionnels s’identifient comme femmes, d’après l’organisation non lucrative Women in Games. Une tendance similaire se retrouve dans les coulisses de l’industrie, où les femmes n’occupent que 30 % des emplois et seulement 16 % des postes de direction des 15 plus grandes entreprises du secteur.

Alors que le Mois international de l’histoire des femmes touche à sa fin, nos confrères d’Esports Insider ont rencontré deux figures féminines de premier plan, Sabrina Ratih (G2 Esports) et Amélie Canet (Team Vitality), qui œuvrent pour une meilleure inclusion dans l’esport. Bien que des progrès aient été réalisés, elles reconnaissent que des efforts supplémentaires sont nécessaires.

Tracer sa voie dans l’esport

Dans une industrie en constante évolution, percer et atteindre les sommets demande expertise et résilience. Sabrina Ratih, directrice des opérations de G2 Esports, s’est imposée grâce à une carrière de 20 ans dans le marketing. Après un passage chez Red Bull Media House et un premier rôle de directrice commerciale chez G2, elle a été nommée COO en 2023. « Mon expérience chez Red Bull m’a appris l’importance de positionner une marque à travers son storytelling et pas seulement par ses produits », explique-t-elle.

Amélie Canet, quant à elle, dirige l’unité Stratégie et Diversification de Team Vitality. Avant de rejoindre l’organisation en 2020, elle a passé 17 ans chez Disney en tant que directrice marketing. « L’esport est à la croisée du sport et du divertissement. Rejoindre Vitality était une opportunité de plonger dans un univers familier tout en explorant un secteur en pleine expansion », raconte-t-elle.

Des opportunités de compétition en expansion

Si Ratih et Canet sont des exemples de réussite, la représentation féminine dans l’esport reste un enjeu crucial. « L’industrie progresse, mais des barrières structurelles persistent, que ce soit au niveau du recrutement ou de la toxicité en ligne », souligne Canet.

G2 et Vitality tentent de changer la donne en recrutant des équipes féminines, comme G2 Gozen (VALORANT), G2 HEL (League of Legends) et les Rising Bees de Vitality. « La scène féminine a beaucoup grandi depuis mes débuts. Il y a plus de tournois et d’investissements, même si nous souhaiterions un circuit plus stable », affirme Maya « Caltys » Henckel (G2 HEL). Madison « CrowMac » Coutelet (Rising Bees) partage cet avis : « L’accompagnement des joueuses s’améliore, mais il manque encore une structure de compétition constante. »

Le programme Game Changers de Riot Games, initialement lancé sur VALORANT, pourrait être une solution. G2 Gozen y participe depuis 2021 et a remporté le championnat international en 2022.

Vers un changement durable

Si l’esport féminin bénéficie d’un essor, les disparités entre jeux et régions persistent. Certaines organisations, comme Na’Vi et Astralis, ont réduit leurs investissements dans les équipes féminines pour des raisons de viabilité économique.

Pourtant, des acteurs comme G2 et Vitality s’engagent à intégrer la diversité dans leur stratégie globale. « L’inclusion est la responsabilité de tous. Nous travaillons à créer des écosystèmes de compétition plus inclusifs », affirme Ratih. Vitality adopte une démarche similaire : « Nous voulons être un modèle pour l’industrie, en promouvant des valeurs d’égalité et d’accessibilité », déclare Canet.

Vitality multiplie les initiatives, notamment via un partenariat avec ALDI pour sensibiliser à la toxicité envers les femmes dans l’esport. De son côté, G2 souligne que l’inclusion peut être un levier de croissance. « Exploiter tout le potentiel de l’esport passe par une participation élargie. Plus nous soutiendrons les équipes féminines, plus l’industrie s’enrichira », conclut Sabrina Ratih.

L’enjeu est clair : favoriser un esport où chacun, quel que soit son genre, puisse briller.

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