Il y a des licences qui refusent de mourir. Mieux encore : elles se réinventent. Et ces dernières années, difficile de ne pas saluer le retour en grâce de Prince of Persia. Après l’excellent The Lost Crown, je dois bien avouer que j’étais à la fois curieux et légèrement inquiet en découvrant The Rogue Prince of Persia.
Un roguelite ? Pour le Prince ?
Sur le papier, l’idée pouvait sembler étrange.
Mais après de nombreuses heures passées dessus, manette en main sur Nintendo Switch, une chose est sûre : j’ai été happé. Et pas qu’un peu.
Une boucle addictive portée par une idée simple… mais brillante
Le point de départ est limpide. La Perse est attaquée, le Prince échoue, meurt… puis recommence. Grâce à un mystérieux pendentif, il revient sans cesse à la vie, coincé dans une boucle temporelle qui devient rapidement le cœur du gameplay.
Et là, je dois le dire franchement : ça fonctionne à merveille.
Chaque run devient une tentative d’amélioration. Chaque mort est une leçon. Chaque progression donne envie de relancer immédiatement une partie. C’est exactement ce que l’on attend d’un roguelite réussi, et le jeu coche toutes les cases avec une efficacité redoutable.
Certes, la narration reste volontairement en retrait — on n’est pas au niveau d’un Hades — mais elle fait le job. Elle motive, elle intrigue, et surtout… elle ne freine jamais le gameplay.
Le parkour, véritable roi de l’expérience
S’il y a bien un élément qui m’a bluffé, c’est la fluidité du déplacement.
On parle ici d’un véritable retour aux sources, mais modernisé à la perfection. Le Prince court sur les murs, enchaîne les sauts, rebondit sur les ennemis, glisse, plonge… et tout ça avec une précision chirurgicale.
Sur Nintendo Switch, la prise en main est immédiate.
Chaque action répond au doigt et à l’œil.
Et ce n’est pas juste esthétique. Non, le parkour est au cœur du gameplay :
- esquiver une attaque en courant sur un mur
- enchaîner une chute aérienne sur un ennemi
- utiliser la vitesse pour créer des combos destructeurs
Le système de “Vayu’s Breath” vient sublimer le tout. Plus on joue bien, plus on devient rapide et puissant. C’est grisant. Vraiment.
Un roguelite maîtrisé… et terriblement satisfaisant
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la sensation de progression.
Même quand on échoue — et on échoue souvent — on progresse :
- nouvelles armes débloquées
- compétences permanentes
- médailles aux effets variés
- routes alternatives dans les biomes
Le système de médailles est d’ailleurs une excellente idée. On peut créer des synergies intéressantes, parfois très puissantes, et chaque run devient une expérimentation.
Alors oui, je dois être honnête : j’aurais aimé un peu plus de contrôle sur ces builds. Par moments, on subit davantage le hasard qu’on ne le maîtrise.
Mais honnêtement ?
Ça fait aussi partie du charme du genre.
Une direction artistique sublime et assumée
Visuellement, le jeu a fait un bond impressionnant.
Fini les hésitations des premières versions : ici, on est face à une direction artistique claire, inspirée de la bande dessinée, avec des couleurs vives et des animations d’une fluidité exemplaire.
Chaque biome a sa propre identité :
- bains somptueux
- aqueducs vertigineux
- archives mystérieuses
Et surtout, tout reste cohérent.
C’est beau, lisible, et agréable à parcourir.
La bande-son, elle, accompagne parfaitement l’ensemble, avec un mélange d’influences orientales et de rythmes modernes. Rien d’envahissant, mais toujours efficace.
Une durée de vie solide et un plaisir constant
Comptez environ une vingtaine d’heures pour voir le bout de l’aventure.
Mais en réalité, ce n’est que le début.
Le jeu pousse à continuer :
- découvrir tous les biomes
- débloquer chaque arme
- optimiser ses runs
- affronter des défis plus difficiles
Et c’est là que réside sa vraie force : il ne vous lâche jamais.
On se dit “allez, encore une run”… puis deux… puis trois…
Et la soirée est passée.
Quelques petits défauts… mais rien de rédhibitoire
Soyons clairs : tout n’est pas parfait.
- La narration manque parfois d’impact
- Certains dialogues se répètent
- Les quêtes secondaires peuvent sembler un peu désorganisées
- Le build manque légèrement de contrôle
Mais honnêtement ?
Ce sont des détails.
Rien ne vient réellement entacher l’expérience globale.
Au contraire, ces petits défauts rappellent simplement que le jeu privilégie le gameplay pur — et il le fait extrêmement bien.
Un Prince qui trouve un second souffle
Ce que j’ai ressenti avec ce jeu, c’est une vraie renaissance.
Evil Empire réussit ici un pari risqué : transformer une licence culte en roguelite… sans la dénaturer.
Et ça fonctionne.
Parce que le cœur de la série est toujours là :
- le mouvement
- la précision
- le plaisir de jouer
Simplement, tout est modernisé, affiné, sublimé.
Verdict – 8,5/10
The Rogue Prince of Persia n’est peut-être pas révolutionnaire… mais il est incroyablement efficace.
C’est un jeu :
- fluide
- addictif
- élégant
- parfaitement adapté à la Nintendo Switch
Un roguelite qui comprend exactement ce qui rend ce genre si addictif, tout en y injectant l’ADN unique du Prince.
Et franchement ?
C’est exactement ce que j’attendais.
👉 Note finale : 8,5/10
Un excellent jeu, qui prouve que même après des décennies, le Prince a encore de très beaux jours devant lui. Le jeu est d’ailleurs paru en version physique cette semaine !










